Flagrant délit à Méréville

Le 12 septembre 1754, un nommé Louis Chevrot est surpris à pêcher des écrevisses dans la Juine, sans autorisation. Il est conduit dans la prison du lieu. Ce petit vol conduira son auteur devant les juges du Parlement de Paris. Les plumitifs (registres des procès) de la Tournelle criminelle ont gardé la trace de cette histoire dans le document ci-dessous.

Transcription de l'interrogatoire lors du procès du 26 janvier 1754

Int. S'il n'a pas pris des écrevisses dans la rivière de Méréville

A dit que non

Int. S'il ne fut pas prisonnier

A dit que oui

Int. S'il ne fut pas en prison

A dit que oui

Int. Comment il est sorti de prison

A dit qu'il la rompit  (il s'est évadé en fracturant la prison)

[...]

Int. s'il n'avait pas pêché 1500 écrevisses dans la rivière de Méréville

A dit qu'il en avait acheté

Int. S'il n'avait pas changé de nom

A dit que oui.

[...]

En fait, ils sont deux et complices

Pour leur défense, Chevrot dit qu'il n'a pêché que 5 écrevisses, les autres, il les aurait achetées à un quidam dont il ne sait pas le nom. C'est en fait Jouet. Ces arguments ne convainquent pas les juges (dont les noms figurent dans la marge gauche du document. Les,trois premiers sont des présidents de chambre,les autres juges)

La condamnation est sévère pour Jouet :

Pilori "avec écriteaux devant et derrière portant voleur d'écrevisses pendant la nuit G. A. L. 3 ans (trois ans de galère) préalablement les trois les lettres G A L" (marque au fer sur l'épaule)

Pour Chevrot c'est aussi le pilori avec les mêmes écriteaux et une mesure de bannissement, (le B signifiant qu'il est banni pour 5 ans)

.

Source : Archives Nationales, Plumitifs de la Tournelle criminelle X/2a/1038. Ces documents sont consultables en ligne.  

Claude Robinot